COP21/CMP11 - Session de négociations climatiques- Compte-rendu du 1er décembre 2015

Lors du deuxième jour, une réunion de la conférence des Parties, sous la présidence du Ministre, a adopté ce matin les règles de procédure ainsi que son ordre du jour. Cela a permis de lancer les travaux des organes subsidiaires : technologique et scientifique (SBSTA) et mise en oeuvre (SBI).

Plusieurs groupes thématiques ont débuté leurs travaux dès la fin de matinée. Les co-facilitateurs ont dans l’ensemble redoublé d’efforts afin d’accélérer les négociations, mais les Parties n’ont pas toujours manifesté de volonté de compromis. Si les discussions sur l’adaptation ont avancé plus vite que prévu, permettant d’entamer des travaux de rédaction dans l’après-midi, la question du lien atténuation-adaptation risque toutefois de rester problématique. L’article 12 sur la gouvernance du futur accord fait désormais l’objet d’un texte propre, sans crochets ni options grâce aux progrès réalisés dans le cadre informel. Le sous-groupe thématique sur l’atténuation, centré sur les contributions nationales, a permis une discussion intéressante autour du degré de contrainte – en vue de trouver une voie médiane entre « shall » et « should ».

Le début des travaux a été laborieux s’agissant du pré-2020. Les discussions étant difficiles sur le traitement du soutien financier, la Colombie a utilement proposé de se concentrer sur les seuls points qui ne sont pas abordés dans une enceinte autre que le WS2. La section de la décision relative à l’accélération de la mise en oeuvre a été âprement discutée après l’introduction par l’Arabie Saoudite d’une nouvelle proposition. Après l’annonce par son ministre la veille à propos de la ratification imminente par son pays de l’amendement de Doha, l’Australie a appelé à une finalisation des règles d’application de cette deuxième période d’engagement du protocole de Kyoto à Paris. La Nouvelle-Zélande a également annoncé, par la voix de son ministre Tim Groser la ratification prochaine de l’amendement de Doha.

Lors du Sommet « Défi climatique et Solutions africaines », le Président de la République a reçu plusieurs chefs d’Etat africains ainsi que leurs partenaires afin de discuter des solutions à apporter à trois défis considérables : l’accès aux énergies renouvelables, la lutte contre la désertification et la préservation du Lac Tchad. Il a annoncé l’engagement de la France de porter à plus de 2 milliards d’euros le financement des énergies renouvelables en Afrique sur la période 2016-2020. Il a aussi indiqué que la France augmenterait progressivement ses financements sur l’adaptation.

Les deux premiers Focus thématiques du LPAA se sont également tenus aujourd’hui. Le Prince de Galles et Manuel Pulgar-Vidal ont ouvert le Focus sur la Forêt devant une salle comble, en présence notamment du Roi de Suède. Cet évènement a permis de souligner trois enjeux cruciaux pour la réussite de la lutte contre la déforestation : les programmes nationaux de restauration des forêts associés à la coopération internationale, le dialogue avec les communautés indigènes et locales, et la nécessaire transformation des chaînes d’approvisionnement des entreprises. Un premier rapport sur la Déclaration de New York sur les Forêts, dévoilé aujourd’hui, montre des premiers résultats prometteurs. Mark Bolland (PDG de Marks&Spencer) a également annoncé l’engagement du Consumer Goods Forum à réduire la déforestation dans la production d’huile de palme, et d’autres matières premières, avec le soutien du gouvernement des Etats-Unis. Le Focus sur l’Agriculture a été l’occasion pour le Ministre de l’Agriculture Le Foll de présenter l’initiative française « 4 pour 1000 », lancée ce matin, dont l’objectif est d’accroitre le stockage du carbone dans les sols pour améliorer les rendements et la résilience des populations rurales. D’autres initiatives ont ensuite été présentées (Save Food, Blue Growth Initiative, etc.). Le ministre de l’Environnement du Cap Vert a rappelé l’objectif de 100% d’énergie renouvelables d’ici 15 ans, et la volonté nationale de planter 8 millions d’arbres d’ici 15 ans.

Enfin, lors du lancement du Pavillon Africain , Mme Zuma, Présidente de l’Union africaine, a rappelé que l’Afrique devait inverser la tendance de la déforestation, puis a mis l’accent sur la nécessité de prendre en compte les circonstances spécifiques des petits Etats insulaires. Le président du Bénin a insisté sur le renforcement des capacités et le transfert de technologies.

Dernière modification : 03/12/2015

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