La formation des élites

La formation des élites : appui à la création d’écoles doctorales de français et de droit.

Les principales universités de la République Démocratique du Congo (Université de Kinshasa et Université de Lubumbashi) viennent de célébrer le cinquantième anniversaire de leur création.

A l’instar de plusieurs universités africaines, elles connaissent de nombreux dysfonctionnements : modicité du budget alloué par l’Etat, insuffisance de l’encadrement pédagogique, vétusté et délabrement des infrastructures, obsolescence des programmes, etc.

Conscientes de la nécessité de créer un cadre approprié permettant à l’encadrement supérieur de contribuer au développement économique et social du pays à travers la diffusion et le développement de l’innovation pédagogique, les autorités congolaises ont fait adopter fin 2003 un Pacte de modernisation de l’enseignement supérieur et universitaire (PADEM) qui aligne déjà des résultats : unification du calendrier académique, lancement de nouveaux programmes, amélioration des conditions salariales des enseignants, assainissement du secteur privé de l’enseignement supérieur et universitaire.

Le PADEM a également prévu, en partenariat avec des coopérations étrangères, de mettre en œuvre des actions en faveur du renouvellement et de l’augmentation des enseignants universitaires de rang magistral. En effet, un constat particulièrement inquiétant pour le devenir de l’enseignement supérieur a été dressé en septembre 2004. La proportion d’enseignants détenteurs d’un doctorat est faible (17%) et leur âge moyen est élevé (58 ans).

C’est précisément dans le secteur de la formation des futurs professeurs d’université que la Coopération française a choisi d’œuvrer. Ce positionnement est fondamental pour notre influence (la RDC est l’un de premiers pays francophones), nos intérêts économiques, ainsi que pour la stabilité politique et sociale de la RDC.

Toutefois, et pour tenir compte de nos capacités, notamment financières, notre appui est limité aux filières juridiques et à l’enseignement du français à l’université (le choix de ces deux secteurs est d’ailleurs cohérent avec les actions en cours ou envisagées dans les secteurs de l’Etat de droit et du soutien à la Francophonie).

Au cours de l’année 2005, une dizaine d’assistants et chefs de travaux ont déjà pu, à l’issue d’une sélection rigoureuse par les autorités universitaires congolaises et le SCAC de Kinshasa, bénéficier de bourses d’études pour être accueillis dans les universités françaises afin d’y préparer leur DEA et/ou finaliser des thèses. Plusieurs enseignants de rang magistral ont pu effectuer des stages en France et, souvent, renouer des contacts avec les universités françaises dans lesquelles ils avaient jadis soutenu leur thèse de doctorat. Des universitaires français sont également présents en RDC, en ce dernier trimestre de l’année 2005, pour des missions d’expertise et d’enseignement à Kinshasa et Lubumbashi. Enfin, plusieurs bibliothèques facultaires ont bénéficié d’un appui documentaire.

Le poste de Kinshasa se propose de présenter au cours de l’année 2006, un projet d’appui à la création d’écoles doctorales de droit et de français.

En attendant, les mesures initiées en 2004 seront poursuivies afin de commencer à constituer un vivier des futurs formateurs qui seront nécessaires au bon fonctionnement du projet. D’où la nécessité de prolonger les bourses des assistants qui obtiendront leur Master 2 (DEA) en juillet 2006 et de mettre en ensuite en place au cours de la même année un dispositif de thèses en alternance.

Le volume des bourses de stage et de missions (expertise et enseignement) sera maintenu.

Notre contribution au renouvellement et à la remise à niveau du corps professoral se fera en parallèle de celle de l’amélioration de la qualité des enseignements et des diplômes : à cet effet, des appuis seront proposés pour la mise en place de partenariats universitaires, la mise à disposition d’outils pédagogiques modernes (notamment, la technique d’enseignements assistés par ordinateurs). Il conviendra aussi de favoriser l’adhésion de la RDC au Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) afin que les diplômes délivrés en RDC soient d’un niveau comparable à celui des pays membres.

Dernière modification : 19/12/2005

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